Blason ou « la présence des femmes au monde »

« blason » imaginé et créé par Daniel

Les femmes fécondité de la terre

Depuis toujours, la vie enracinée puise sa sève dans la terre nourricière

Une terre portée par les femmes

Pétrie sans relâche

Façonnée par amour

Nourrie du sein maternel

La sensualité émerge tel un parfum ineffable

Tout n’est plus que douceur, caresse et bienveillance

Cécile

« blason » imaginé et créé par Shirin

Expo : 38ème  salon de la déchirure à Rouen du 1er avril au 1er mai 2017
Je me suis attardée, pour mes fidèles lecteurs, sur l’œuvre de C….., LA GUERRIÈRE ILLISIBLE
On est tout d’abord frappé par le rouge qui envahit l’espace.
Le sang coule, la vie s’exprime en vagues pour déboucher sur une mort violente, les piquets de la répression trônent.
Mais l’auteur est femme, le noir de son destin s’adoucit de souvenirs de jardins, chaque recoin abrite une oasis. Le chant de Oum Kalsoum monte, la rondeur de l’instrument de musique évoque l’espoir d’une nouvelle vie, point de barrière, l’Afrique nous habite.
Un seul dernier conseil, allez vivre l’œuvre.

RMQ

Les jardins à naitre

 

Qui est né le premier, l’homme ou la femme ? Qu’importe, car là sont les jardins à naitre. Et toi, que me dis-tu femme jolie, toi qui viens de la matrice et deviens matrice à ton tour. Sans jamais cesser d’être tu accouches à chaque aube levée de l’enfant temps. Tu es donc joie amour et miroir d’âme. Mais dis-moi, que fais-tu de tes propres déchirures et de celles que nous t’infligeons, nous les hommes, un peu trop souvent. Je ne puis décemment trouver les mots à ta place, mais je sais depuis longtemps maintenant qu’il me suffit simplement  de te voir et non de t’apercevoir, de sentir ton souffle sortir de ta poitrine rassurante et non de juger ton corps, de m’associer à tes regards confiants et non pour qu’ils plaisent seulement à ma suffisance… Alors merci encore de faire naitre et renaitre en moi la joie la musique et l’amour et surtout l’espérance.

Daniel d’Oliveira

« blason » imaginé et créé par Cécile

L’amour et le pêcher

-Qu’avez-vous comme arguments pour vous défendre?

-Monsieur le juge voici ma plaidoirie : j’ai( … … …) Je voulais juste lui offrir mon amour. Toutes les parcelles de ma peau me rappellent les moments que j’ai passés dans ses bras, ses caresses, sa beauté, son désir…. Son regard me transperce de plaisir et de joie. Je prends le gout à la vie. Je l’aime et je veux vivre avec lui, me marier, avoir des enfants, comme les autres. Ne me condamnez pas, ne me jugez pas je vous en prie. L’amour n’est pas condamnable.

Shirin Vasseur

Pourquoi sensuelle ?

Ô, Orgueil divin, pour la beauté d’Ève,

D’abord tu fis, nue puis vite drapée,

La mère toujours, la Madone née,

Ô, Statue dressée, pour sans fin, le rêve.

Vénérée pourtant toujours transgressée,

Couverte mais trop, vite en nudité.

Sensualité, provocation,

Gourmandise pour la transgression.

Élégance, faut retenir.

Amour, amour, plus que désir,

Sensuelle oui, pour son plaisir.

De bronze, terre ou bien d’albâtre,

Le beau mâle, fait le bellâtre,

Pour elle jusqu’ au cœur de l’âtre.

            D.D’O

 

Totem et blasons

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Totem: mémoire(s) de femmes

collectif

Les chevilles

Longtemps cachées sous les jupons

Épiées par les regards fripons

Porteuses d’œuvres à choisir

S’effleurant à n’en plus finir

Ouvrière ça va s’en dire

Guerrière, il faut le dire

Vous travaillez d’arrache-pied

Sans jamais râler, ni ciller…

Danse la femme au grelot

Prisonnière c’est son lot

collectif

 

La rousse chevelure

M’enfouissant dans ta chevelure,

J’étais un guerrier en armure.

Ma longue lame brandissant

Je me sentais le plus vaillant.

Ton casque, protection vivante,

Évoque les heures vibrantes

De notre amour interdit

Et ta cachette de génie.

La carotte et le potiron

De ta chevelure le ton

Me traverse d’un frisson court,

Me livre aux griffes de l’autour.

Ronde du soir un peu guerrière,

Es-tu passagère ou sorcière ?

Tu chevauches au clair de lune

Et disparaît derrière la dune.

collectif

Jusqu’au bout des ongles

Féminité, au bout des ongles,

Réalité, la femme jongle.

Aujourd’hui, les a peints en rouge,

Devant ses yeux, toujours les bouge.

Servent-ils à montrer leurs gloires,

Ou s’écaillent-ils en déboires?

 

Jusqu’au bout ses ongles perlés

Vont te blesser ou te gratter.

Un doigt, deux doigts, trois doigts pour toi,

Hum!,  je les suce avec émoi.

Agressifs, ils sont dans ton dos,

Loin de toute caresse, aie, oh!

 

Collectif.

 

La Sirène

   VISITE à la SIRENE

http://www.lasirene76.com/l27association.html

A la Sirène il y a des objets qui me parlent:

des journaux, des encriers et des plumiers

des dentelles

des fèves

des pots de chambre

des pipes et des boites d’allumettes

des masques, des coqs

des billets et des pièces de monnaie

des rasoirs et des appareils photos

Thérèse

 

Le chien de porcelaine

Il est en porcelaine, le petit épagneul

Allongé sur la pelouse, il se repose

Un regard coquin

Les oreilles noires tombantes

Sa robe blanche tachetée de noir

Il rêve

Isabelle

L’amphore bleu pastel

Je me souviens de cette magnifique poterie, trônant sur le guéridon de la vieille professeure de danse.

Probablement tournée à la main, elle mesurait environ quarante centimètres de haut. Son ventre joufflu, me faisait penser aux amphores antiques. Son couvercle en forme de chapeau me rappelait, grossit de trois ou quatre fois celui d’une salière utilisée au quotidien par ma mère. Ses anses de plâtre torsadées ainsi que les fines tresses de laurier entourant le col et la base du vase soulignaient la légèreté de l’œuvre. Des figurines d’albâtre blanc encerclaient la rotondité de la petite jarre.

Ses élèves lui avaient offert ce bel objet pour la Première du Lac des cygnes. Quand je l’ai retrouvé dans son grenier, bien préservé dans un écrin de soie, et dans un carton sur lequel était inscrit: ‘Tendres souvenirs’, je me suis demandé quelle devait être la destination première de cette petite amphore bleu pastel. A mi-chemin entre la mythologie et l’art imaginaire avec son arbre magique qui rappelle les contes pour enfants, avec ses dieux, Zeus peut-être, ses Héros, Cupidon, ses prophètes, Abraham… ce vase aurait-il pu contenir une eau de jouvence et trôner dans le salon d’une jeune femme prête à se marier, ou encore servir d’urne funéraire à un être adoré parti vers les limbes ou vers les bleus du paradis ?

D.D’O

La pipe

En voyant cette pipe je me souviens…

J’étais chez mon grand-père. Je l’ai vu prendre sa pipe en bois dans le tiroir. Sur la table il y avait son tabac bleu. Il enfournait le tabac et le tassait. Puis il l’allumait avec une allumette. Il avait une pipe dont le fourneau représentait une tête de marin comme celle-ci. Il en avait d’autres qui représentaient des chopes de bière en faïence, ou des têtes sculptées dans le bois

Michèle

Les trois souvenirs

Ref. Georges Perec – W ou le souvenir d’enfance

Trois souvenirs …

Cabane, lieudit de l’Aveyron, dans mon lit de jeune fille, je me réveille et suis encore habitée par mes rêves.
Le premier est un peu flou, c’est dans la cave de la maison de ma grand-mère où je suis avec mon frère.
Nous nous chamaillons, lui jouant les ados affranchis et moqueurs, moi la petite princesse innocente.
On nous fait toujours jouer cette partition mais ce jour-là, je casse le schéma et lui assène un coup de pompe à vélo qui le blesse.
Le second est le plus tenace : je dévale la pente du chemin boueux, rêve ou souvenir? Je me sens libre.
Je suis ivre de légèreté, d’indépendance, enfin j’ai grandi.
Je crie aux arbres, aux fleurs, aux vaches, au monde entier la fin de mon enfance trop idéale.
Le troisième est apparemment le plus organisé comme un film dont le scénario bien écrit et parfaitement réalisé, me touche personnellement.
A Cabane, mes vacances se passaient à courir le gueux, comme disait ma mère.
C’étaient des petits reproches, des réflexions anodines et pourtant blessantes et surtout l’inquisition.
Quand on avait eu ma mère et moi un échange tendu, je m’isolais et me promettais de ne rien lui dire de mes pensées intimes.
J’avais envie d’être orpheline de mère connaître cette douleur et ce soulagement de pouvoir grandir sans la bride.
Une femme bien-sûr, pour moi une mère ne peut prononcer ces mots : tu es une enfant de permission conçue sur le canapé je ne voulais pas accoucher de nouveau, ton frère me comblait, mais je t’aime.
A la sortie de l’adolescence, je vivais la séduction, le plaisir, et l’ambition. J’étais au milieu, toujours au centre d’une cour, prête à me faire reconnaître.

La femme crut que je rejetai la mère mais mon rêve m’éclaira sur mon attachement à elle, la femme, elle, se précipita contre moi, contre mon cœur et me souffla, « sois mère un jour ! »

RMQ

 

Colzunivers, mes trois souvenirs.

Le premier est un peu flou, c’est dans un immense champ de colza, que nous nous posions. Nous nous réjouissions de la qualité de la fleur, cela nous fera un excellent carburant. On nous fait défit d’atteindre ‘Halley’ avec un seul plein.

Le second est le plus tenace, je dévale les collines vers les plaines jaunes du Nevada. Je suis  ivre de joie, j’emmènerai de nouveau mon fils vers l’étoile du berger. Je crie d’exaltation, nous construirons un souvenir unique et palpitant.

Le troisième est, apparemment le plus organisé.

A Colzunivers, au milieu de cette manne nourricière, les graminées de colza s’offrent à nous. C’était des petits signes de soumission, elles s’étaient toutes arrangées pour être mûres le jour de notre « colzissage ». J’avais envie pour ce nouveau voyage sur Mars, d’inviter sa mère, pour cette longue aventure. Une femme, sa mère, ma femme serait un élément indispensable et stabilisateur pour ce long périple. A la sortie de notre spacio-nef, voulant évaluer notre ravitaillement, un doute m’envahit étrangement. J’étais au milieu d’une tornade de sensations, de sentiments bouleversants, je dus prendre une décision. La femme, sa mère, ma femme crut qu’elle pouvait rentrer dans notre fiction et essaya de déchirer l’enveloppe de notre rêve. Elle se précipita en vain, nous étions déjà repartis profondément dans l’imaginaire, à la conquête de l’univers guettant les étendues jaunes de cette manne nourricière.

D.D’O

Mémoires – La belle absente

Consigne oulipienne

Composer un poème comportant autant de vers que les lettres de MEMOIRES. L’on s’interdit dans le premier vers,  la première lettre du mot « Mémoires » dans le deuxième vers, la deuxième lettre et ainsi de suite…

 

Un vide absolu,

Noir, lourd, fulgurant,

C’est l’oubli à cru.

Anxieux, dérangeant,

Affreux et goulu,

Sans vie, sans levant,

Horripilant, joufflu,

La mémoire en plan.

D. D’O

Cacahuètes, café, Danièle, Claudine, Didier
Situation
Déjà vécue avec plaisir et douceur
Lumière
Jeux d’ombres sur le carrelage
Apaisement
Crayon qui court, noircit
La page.

RMQ

Les escaliers

Je comprends mieux à présent, en mon grand âge, la fatigue que représentaient les escaliers au quotidien pour ma mère quand nous habitions à Paris. Surtout l’hiver. L’appartement était chauffé par un poêle à charbon et tous les jours elle se chargeait de la corvée d’approvisionnement en combustible.

Il lui fallait descendre les trois étages de l’immeuble, le seau accroché à son bras, puis, passer le hall d’entrée, descendre l’escalier qui menait à la cave.  Et refaire le même trajet en sens inverse avec le seau plein, soit environ 5 kg de boulets, quand ce n’était pas avec un paquet de ligots en supplément. Au matin, elle devait de plus porter les cendres aux poubelles.

Je l’accompagnais quelquefois, pas rassurée du tout par la cave. C’était un espace creusé dans le sous-sol parisien, desservi par un couloir central. De part et d’autre de celui-ci, il y avait les caves de tout l’immeuble, une par appartement, distinguées par un numéro peint sur la porte, et fermées par un cadenas. L’escalier était éclairé par une mauvaise ampoule, juste suffisante pour ne pas tomber en manquant une marche ; mais pour se repérer dans le couloir et à l’intérieur de la cave, on devait se munir d’une lampe électrique dont le faisceau faisait fuir, le long des parois, de gros rats, venus sans doute des égouts voisins ou du  métro proche dont le roulement faisait trembler les murs à chaque passage.

Quand je descendais seule, même plus âgée, je me mettais à chanter à tue-tête dès la première marche, en espérant faire disparaitre, au moins momentanément, ces visiteurs peu sympathiques.

Andrée