Détournements

Le confinement – Inspiré par Jean de La Fontaine, détourné par Olivier de Driadi.

 

Le chien qui lâche sa proie pour l’ombre. 

Chacun se confine ici-bas,

On voit courir après le virus,

Tant de fous, qu’on ne sait pas

La plupart du temps, le terminus.

 

L’Oiseleur, l’Autour et l’Alouette.  

Les injustices des pervers,

Servent souvent d’excuse aux nôtres.

Tel est la loi de l’univers ;

Si tu veux qu’on te confine, confine aussi les autres

 

Le cheval et l’âne.

En ce monde il faut l’un l’autre confiner,

Si ton voisin vient à mourir,

C’est sur toi que le fardeau tombe.

 

Le charlatan.  

Le monde a toujours manqué de confinement.

Cette science de tout temps,

Fut en professeurs, très fertile.

 

La jeune veuve.

La perte d’un époux ne va pas sans soupirs,

On fait beaucoup de bruit, et puis on se confine.

 

Le lion devenu vieux.  

Le Corona, terreur des estaminets

Chargé d’ans, et pleurant son antique prouesse,

Fut enfin confiné par ses propres sujets

Devenus forts par sa faiblesse.

 

La femme noyée.

Je ne suis pas de ceux qui disent : « ce n’est rien ;

C’est une femme qui se confine ; »

 

La cigale et la fourmi.

Le Covid ayant chanté

Tout l’été

Se trouva fort dépourvu

Quand le confinement fut venu.

 

L’Hirondelle et les petits Oiseaux.

Un confiné rêvant ses voyages

Avait beaucoup appris. Quiconque a beaucoup vu

Peut avoir retenu.